Dieudonné tente de jouer l’esquive

Publié le par Christophe Dansette

Une heure avant le procès, vers 12h30, Dieudonné déjeune tranquillement avec ses avocats à la brasserie Les deux palais. Il arbore un sourire serein. L’humoriste s’apprête à comparaître devant la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Il est accusé  d’« incitation à la haine raciale » pour avoir déclaré au Journal du Dimanche que les organisations juives étaient « des négriers reconvertis dans la banque, le spectacle, et aujourd'hui l'action terroriste. »
13h45, les gendarmes, venus en nombre assurer la sécurité, craignent des débordements. Plusieurs associations ont appelé au rassemblement. Les militants de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ou de SOS-Racisme patientent tranquillement dans la queue. « Ca va bien se passer, comme à chaque fois », confie un gendarme, qui connaît apparemment bien le personnage.
La salle  est pleine. Le public hétéroclite. Ginette Skandrani, proche des milieux négationnistes est venue soutenir l’humoriste. Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme se tient debout dans un coin. « J’espère que pour une fois, il sera condamné », lâche-t-il.

« Dieudonné refuse de se battre »

Sur le banc des parties civiles, cependant, une certaine agitation est perceptible. Une information importante vient de leur parvenir. Dieudonné veut plaider la nullité de l’action en raison d’une erreur sur le numéro d’un alinéa dans la plainte.
« C’est absurde », chuchote Me Jakubowitz, qui défend les intérêts du Consistoire israélite de France. Les avocats se réunissent pour organiser leur réponse. Ils sont nombreux. Une quinzaine, au moins.
« Nous demandons que le tribunal constate la nullité de l’action », plaide Me Le Fraper du Hellen, qui défend Dieudonné M’Bala M’Bala.
« Je pensais que nous allions entrer dans le vif du sujet », réplique Me Charrière-Bournazel, de la Licra, dans une plaidoirie enlevée. « Dieudonné refuse de se battre. Il ne  présente que des arguties pour éviter le fond. Il veut se faire passer pour un lecteur débile. Et je refuse de croire qu’il ne sait pas lire. » Et Me Jakubowitz, s’adressant au président, de surenchérir : « c’est vous faire injure de dire que M. M’Bala M’Bala ne savait pas pourquoi il était poursuivi ».
Le président Philippe Jean-Draeher suspend la séance. Aucun des deux camps n’est confiant. « J’y crois pas, il nous a eu », déclare l’avocat de SOS-racisme, Patrick Klugman. Les défenseurs de l’humoriste ne crient pas pour autant victoire.
A 16 heures, la séance reprend. Finalement, le subterfuge de Dieudonné ne fonctionne pas. Le comique est jugé sur le fond de ses propos. Et le représentant du parquet, Alexandre Aubert, même requis la condamnation de Dieudonné. Il estime que Dieudonné utilisait un « cliché antisémite qui évoque un contrôle malveillant du monde des médias et de la finance (par la communauté juive, ndlr) à son profit"qu’il ne pouvait ignorer élargit le cercle des personnes visées ». Un fait assez rare pour être souligné. Peut-être Dieudonné, sera-t-il condamné pour la première fois. Jugement dans les prochaines semaines.
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Publié dans Racisme-antisémitisme

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S
Bonjour Christophe, et sur l'affaire des caricatures, vous devez sûrement avoir un avis que je serais curieux de connaître. Bien cordialement,
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Z
venez vous detendre http://ideeskdo.over-blog.com/
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