Kemi Seba : antisémitisme et alliance des extrêmes

Publié le par Christophe Dansette

Une cinquantaine de gendarmes assurent la sécurité devant la petite salle des référées du tribunal de Paris. La raison ? L’UEJF a assigné le leader de la Tribu KA en référé pour le contenu de son site Internet qui développe une haine antisémite inégalée. Pour la première fois depuis bien longtemps, en France, un mouvement qui se veut politique, fait de l’antisémitisme son principal combat.
À peine, le site de la Tribu KA fermé par le Ministère de l’Intérieur, que le fanatique en ouvre un autre sous son propre nom. Encore plus extrémiste. Encore plus haineux. Il faut s’accrocher pour en lire le contenu. Immonde. On espère presque que ce n’est que plaisanterie. Mais, un homme qui fait défiler ses troupes comme en mai dernier, rue des Rosiers ne plaisante pas. Sa haine antijuive est le fer de lance de son combat politique qu’il veut mener selon le triptyque « désionisation, dédommagement, rapatriement ». Dans ses textes, on peut notamment lire de longues phrases sur la responsabilité de ce qu’il appelle les « sionistes » ou « suprématistes juifs » dans tous les malheurs du monde. Il les accuse de tous les maux. A tous les siècles. Qu’il vise les Juifs dans leur ensemble ne fait aucun doute.
Heureusement, le personnage ne rassemble, pour l’instant qu’une très petite minorité de personnes. Mais, on peut légitimement s’inquiéter lorsqu’on apprend que le mouvement a triplé son effectif en quelques mois.

Kemi Seba, à la sortie de la salle des référées.

Devant le tribunal, une trentaine de ses supporters l’attendent. Calmement. La discipline semble régner dans le groupuscule. À l’image de tout groupe néonazi. Plus surprenant cependant : l’homme bénéficie d’un soutien discret. Dans le vaste hall, à côté des nombreux journalistes, deux jeunes hommes attendent. Ils sont blancs. Et se battent, eux aussi, pour la couleur de leur peau. Deux militants du mouvement "Renouveau français", proche du Front national. L’un d’eux, interrogé par un bloggueur (la vidéo vaut le détour !) avoue chercher une « entente contre le sionisme », auprès du mouvement radical. Preuve qu’il y a des ramifications entre tous les groupes extrémistes.
A la sortie de la salle d’audience, Kemi Seba s’exprime violemment face aux caméras. Son discours ne manque pas d’antisémitisme, une fois de plus. Il fustige violemment le président du tribunal. Pour lui, ce dernier est un « juge sioniste ». Il ne se prive pas davantage de dénoncer ce « sioniste de Dominique Sopo » (le président de SOS-Racisme), défendu par un  « avocat sioniste » (Patrick Klugman). Et menace les Juifs de France. Ses partisans applaudissent. Poussent des cris. Il est leur gourou.

UEJF/Kemi Séba. Le 18/09/06
envoyé par kach
La vidéo a été réalisée par Tristan Mendès-France
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Publié dans Racisme-antisémitisme

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C
A la suite de l'interview ci-dessus, reprise par l'AFP, la réaction officielle du mouvement proche du FN, Renouveau français est tombée. Et elle confirme bien que l'extrême droite et le mouvement de Kemi Seba sont très proches dans les idées. Voici leur texte : <br /> "Relations entre le RF et Kemi Seba<br /> <br /> Une dépêche de l’AFP consacrée à un supposé rapprochement entre Kémi Seba et de prétendus groupuscules d’«extrême-droite» a évoqué le Renouveau Français d’une façon qui nous oblige à préciser et corriger certains propos.<br /> <br /> D’une part, nous récusons formellement l’étiquette partisane, dialectique et fourre-tout d’«extrême-droite».<br /> <br /> D’autre part, la citation attribuée à l’un de nos cadres est écourtée et déformée. Nous rappelons que seules les positions exprimées sur notre site www.renouveaufrancais.com peuvent être attribuées légitimement à notre mouvement, et nous nous permettons ici d’éclaircir la situation afin que personne, ami, adversaire ou curieux, ne soit induit en erreur.<br /> <br /> Le Renouveau Français étant une structure de réflexion, de formation et d’action politique, il est dans son rôle lorsqu’il suit avec curiosité, comme de nombreux sujets politiques, le parcours et l’action de Kemi Seba. Mais il n’a aucun lien ni aucunes relations avec lui, et en l’état actuel de ce que nous savons de ses idées et projets, nous ne pouvons donner que quelques remarques générales.<br /> <br /> Coté positif, nous partageons avec M. Seba le souci de préserver la diversité humaine (c’est-à-dire le refus du métissage généralisé), et en particulier le désir d’une « France aux Français » à venir. Nous ne pouvons par ailleurs qu’appuyer son projet d’un retour de l'immigration africaine vers la terre de ses racines.<br /> <br /> Enfin, il est trop rare d’entendre dénoncer le poids écrasant du lobby sioniste (que nous rejetons comme tous les autres) sur les leviers de pouvoir pour ne pas apprécier que quelqu’un le fasse de manière médiatique, même si nous regrettons un ton quelque peu outrancier et globalisateur.<br /> <br /> Nous sommes réservés sur la tonalité souvent très virulente du discours et rejetons catégoriquement le spectre de la violence.<br /> <br /> Evidemment, nous ne partageons pas non plus la doctrine religieuse que professe M. Seba.<br /> <br /> Que la chape de plomb du politiquement correct soit ébranlée est quoiqu'il en soit une bonne chose, tant le conformisme intellectuel et politique en France tend à la dictature totalitaire.<br /> Notre mouvement, de par son inspiration chrétienne, est quant à lui à l’abri de toute haine contre telle ou telle communauté.<br /> <br /> En bref, nous saluons un indéniable courage politique, apprécions certaines idées, ne partageons pas d’autres, et attendons avec intérêt de pouvoir observer la suite de la démarche de M. Seba, dont les objectifs et positions ont évolué ces dernières semaines, pour décider de notre attitude.<br /> <br /> Le Comité Directeur du Renouveau Français"
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C
Un article du Figaro avait déjà mentionné les rapprochements entre Kemi Seba et l'extrême droite!<br /> <br /> L'ex-Tribu Ka veut tisser des liens avec des suprémacistes blancs<br /> Par Jean Chichizola <br /> <br /> Kemi Seba, chantre de la supériorité de la race noire, cherche à se rapprocher des extrémistes du Bloc identitaire au nom de «l'antisionisme».<br /> <br /> KEMI Seba, l'ex-leader de la Tribu Ka, groupuscule prônant la suprématie de la race noire, n'en a pas fini avec sa dérive extrémiste. Le 26 juillet dernier, sur la demande du ministre de l'Intérieur, le groupe avait été dissous par décret en Conseil des ministres.<br /> <br /> Kemi Seba n'a pas cessé ses activités pour autant. Il a déposé une requête en annulation et ouvert un site Internet à son nom. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) devrait demander la fermeture de ce site lundi prochain devant le tribunal de grande instance de Paris pour incitation à la violence raciale. Une enquête préliminaire a par ailleurs été ouverte par le parquet de Paris et confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris. Elle vise notamment à vérifier si Kemi Seba et ses partisans ne se rendent pas coupables du délit de reconstitution d'organisation dissoute.<br /> <br /> Démonstration de force dans le Marais<br /> <br /> Les écrits et déclarations des membres de l'ex-Tribu Ka sont également passés au crible. La consultation du «site officiel de Kemi Seba» est à cet égard éloquente. On y dénonce «le sionisme ou l'idéologie de la suprématie raciale juive» avant d'estimer qu'une «telle idéologie ne mérite pas d'être combattue, mais éradiquée». Des propos qui éclairent les actions de Tribu Ka avant sa dissolution. Le 19 mai 2006, les militants du groupuscule avaient investi un gymnase parisien aux cris d'«Où sont les juifs?» Neuf jours plus tard, ils s'étaient rendus en force dans le quartier du Marais pour en découdre, à les en croire, avec des groupes radicaux juifs.<br /> <br /> Sa haine du sionisme conduit Kemi Seba à des alliances insolites. Après la dissolution, il se serait ainsi rendu à Nice pour y rencontrer des responsables du Bloc identitaire, groupuscule d'extrême droite dont se réclamait Maxime Brunerie, qui avait tiré en direction du président de la République, Jacques Chirac, le 14 juillet 2002 sur la place de l'Étoile.<br /> <br /> Samedi dernier, Kemi Seba a organisé sa «conférence de rentrée» où il invitait les «antisionistes». Parmi l'assistance, quelques anciens de Tribu Ka, pas assez nombreux toutefois pour que le délit de reconstitution d'organisation dissoute puisse être établi. Et également quelques «leucodermes», terme utilisé par Kemi Seba pour désigner les Blancs. Parmi eux plusieurs militants d'extrême droite connus du sud de la France et de la région parisienne.<br /> <br /> Cette promiscuité ne cesse d'étonner. Les ultras du Bloc identitaire professent un racisme virulent et l'ex-Tribu Ka a de son côté toujours prôné la supériorité de la communauté noire.<br /> <br /> «Dans son délire, estime un policier, Kemi Seba estime que tous les identitaires doivent s'entendre, ceux qui ne veulent vivre qu'avec des Noirs comme ceux qui ne veulent vivre qu'avec des Blancs.» Pour lui, les uns et les autres ont un ennemi commun : le juif.
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