Politique

Jeudi 19 janvier 2006 4 19 /01 /2006 16:05

Les présidentielles ne sont que dans un an et demi. Un papier fait pour le CFJ me permet cependant d'inaugurer la rubrique "politique" du blog. Ces quinze mois risquent d'être passionnant à tout point de vue. Le débat, lui, sera houleux. Peut-être mon blog sera-t-il un petit lieu de contributions, de discussions et de débats (pertinents je l'espère).

Lors de ses vœux télévisés, François Hollande a offert de bien curieuses étrennes aux  partis de gauche. En guise de bonne année, une proposition : leur assurer un groupe parlementaire s’ils se rallient à une candidature socialiste dès le premier tour de la présidentielle en 2007. Un contrat qui fait s’interroger la classe politique de gauche : les chances de rassembler la gauche paraissent vaines.



François Hollande veut se présenter comme rassembleur de la gauche, un an et demi avant les présidentielles. La correction du 21 avril 2002 est dans toutes les têtes. Le Parti socialiste (PS) cherche à éviter à tout prix la dispersion des voix à gauche. La solution est venue de Dominique Strauss-Kahn. On avait connu « l’Union de la  gauche » en 1981, la « gauche plurielle » en 1997. Cette année, on aura la « gauche durable ».  Une réunion essaiera de poser les bases d’un rassemblement de la gauche le 8 février. En principe.
Le secrétaire général du PS a  d’ailleurs déjà fait une proposition aux Verts, aux Radicaux de gauche (PRG) et au Mouvement républicain et citoyen (MRC) lors de ses vœux à la presse, le 15 janvier. Leur offrir un groupe parlementaire. Comment veut-il s’y prendre ? En leur proposant de gagner des circonscriptions lors des législatives de 2007. « La gauche durable, cela permet de conclure des accords électoraux. Le PS doit être prêt à des accords électoraux dès le premier tour », a-t-il déclaré.  Un cadeau qui ne se fait pas sans contrepartie. En échange, ces partis devront renoncer à présenter un candidat à l’élection présidentielle. « Cela leur permettrait d’avoir une autonomie à l’Assemblée nationale qu’ils n’avaient pas  jusqu’à présent », affirme-t-on au PS.  Son calcul est assez simple. En 2007. Noël Mamère pour les Verts avait obtenu 5,25% et Christiane Taubira, pour le PRG, 2,32%. Si ces suffrages étaient revenus au PS, la gauche aurait atteint plus de 23% des voix, soit assez pour accéder au second tour. Le maire de Tulle a d’ores et déjà devancé certaines questions : « Que vaut-il mieux pour eux : présenter un candidat à l’élection présidentielle en prenant le risque de faire perdre la gauche, ou avoir un groupe parlementaire, ce qui suppose aussi de faire gagner la gauche ? »

« Une fin de non-revoir »

Mais les concernés ne font pas la même analyse. D’une manière unanime, ils déclarent qu’il s’agit d’une « fausse proposition. » « C’est une forme de chantage que nous n’apprécions pas », déclare Sergio Corronado, le porte-parole des Verts. « Une pression qui vise à écraser ses partenaires ». Pour eux, « c’est une fin de non-recevoir. » En principe, leur candidat à l’élection présidentielle sera désigné le 30 mai à l’issue d’un vote de militants. « Je ne vois pas ce qui pourrait nous faire changer d’avis. Il faudrait avoir un vrai débat de fond et, pour l’instant, nous en sommes loin », indique de son côté Noël Mamère. La course à la présidentielle est donc en route chez les Verts. Les prétendants sont invités à se faire connaître avant le 15 février. Yves Contassot est le dernier d’une liste de sept à s’être porté candidat à la candidature. Dominique Voynet, Cécile Duflot, Yves Cochet, Jean Desessard sont eux aussi sur le rang.
Le MRC n’est pas très loin de présenter lui aussi un candidat à l’élection présidentielle. Ce n’est même pas sûr que ses représentants se rendront à la réunion du 8 février. « Cela dépend de l’attitude du PS. S’il est sur une ligne d’ouverture, alors nous nous y rendront », explique Patrick Trannoy, le porte-parole du mouvement. « Mais s’il est sur une ligne de repli et d’ostracisme – ce que je crains – alors cela ne servira à rien. Nous ne voulons pas débattre de la forme. Il faudrait peut-être débattre sur le fond avant. Tout accord électoral doit se faire sur des positions communes sur la mondialisation libérale. Nous en sommes loin. »
Le Parti communiste, qui n’était pas a priori visé par la proposition, puisqu’il dispose depuis toujours d’un groupe parlementaire à la fois au Sénat, et à l’Assemblée nationale dénonce lui aussi « cette manière de faire de la politique. » Il se dit prêt en revanche à se rendre à la réunion du 8 février, si « on y va sur des bases de négociations de programme pour trouver une vraie alternative à la droite. Il n’est pas question de se répartir des ministères. »
Tous reprochent à François Hollande d’instrumentaliser le 21 avril. « C’est de bonne guerre. Je le comprends, mais il se trompe », commente Noël Mamère directement visé par M.Hollande.  « S’il craint le 21 avril, qu’il s’arrange pour que le prochain candidat n’ait pas la même orientation libérale que Lionel Jospin », rapporte M. Trannoy. Beaucoup plus direct, M. Corronado explique que si « M. Jospin a perdu, ce n’est pas à cause des autres candidats, c’est parce qu’il n’a pas fait une bonne campagne électorale et qu’il n’avait pas de projet de société. M. Hollande n’a tiré aucun enseignement de 2002 ».
Par Christophe Dansette - Publié dans : Politique
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Dimanche 19 mars 2006 7 19 /03 /2006 16:16
Des historiens traînés devant la justice par des associations. Des revendications de lois mémorielles toujours plus nombreuses. Des lois de mémoires dénoncées par les historiens. Comment a-t-on pu en arriver là ? Pourquoi assiste-t-on à cette demande de lois mémorielles ?

Du jamais vu. Deux missions nommées pour traiter d’un même sujet : du rôle du législateur dans le domaine de l’histoire. Leur rôle ? Obscur, pour le moins.
Tout d’abord, une « mission pluraliste pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'Histoire » était confiée par le président de la République au président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré.
Ensuite, c’est Nicolas Sarkozy, président de l’UMP qui a demandé à Arno Klarsfeld un « travail approfondi sur la loi, l’histoire et le devoir de mémoire. » Une mission « non-concurrente » qui n’a « rien à voir avec celle de Debré », assure-t-on du côté de l’UMP. Une action pour flatter la communauté juive ? A l’UMP, on ne nie pas. « Elle servira éventuellement à établir le programme de Nicolas Sarkozy pour 2007 », explique-t-on. Klarsfeld  lui, travaillait seul. « C’est une réflexion personnelle que Sarkozy m’a confié. » Il n’a pas rencontré pas Jean-Louis Debré.
Personne n’aurait imaginé que le vote de loi du 23 février 2005 dont l’article 4, retiré depuis par le Conseil constitutionnel pour mettre fin à la poléque, précisait que « les manuels scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer » et qui est la cause de ces missions aurait de telles conséquences près d’un an plus tard. Le député du Nord Christian Vanneste, à l’origine du texte, n’en revient pas. « C’est scandaleux, l’affaire qui est montée autour de ce texte qui ne se voulait pas polémique », s’exclame-t-il. Et même si on a du mal à le croire, force est de constater qu’il a été voté à quatre reprises sans provoquer la moindre discussion, « passé comme une lettre à la poste ». « Même les députés socialistes soutenaient mon amendement », précise-t-il. Vanneste accuse : « c’est une polémique montée de toute pièce pour des raisons politiciennes. » Pas tout à fait.
A l’origine de la polémique, il y a des historiens. Célèbres et respectés. Ils dénoncent l’empiètement de la loi dans le domaine de la recherche historique. Ils se disent « persécutés » et « victimes de procédures judiciaires toujours plus nombreuses. » Dernière en date : l’affaire Pétré-Grenouilleau. L’historien de renom, auteur des Traites négrières, essai d’histoire globale (Gallimard) est traîné en justice par le collectif des Antillais-Guyannais-Réunionnais. Le collectif lui reproche d’avoir « tenu des propos niant le caractère de crime contre l’humanité de l’esclavage », selon son président Patrick Karam. (Depuis, la plainte a été retirée.)

La goutte d’eau

« C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », commente l’historien Patrick Garcia ; « là les historiens se sont dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. » Dix-neuf d’entre eux ont décidé de marquer les esprits. Ils publient l’appel « Liberté pour l’histoire  » le 12 décembre dans Libération. Ils y réclament l’abrogation de certains articles des lois de mémoire. Quatre sont citées : la loi Gayssot de 1990 (sanctionnant la négation de crime contre l’humanité), la loi du 21 mai 2001 (reconnaissance de la traite négrière comme crime contre l’humanité), la loi du 29 janvier 2001 (reconnaissance du génocide arménien).
Le coup est une réussite. Le débat s’enflamme. Jean-Pierre Azéma, un des auteurs, explose : « ça suffit les lois mémorielles ! On ne va pas non plus légiférer sur les revendications des Albigeois ou des Vendéens. »
Aussi fou que cela puisse paraître, ces revendications existent. L’association Vérité pour la Vendée demande la « reconnaissance du génocide vendéen par l’Etat français » et d’inscrire la « vérité historique dans les manuels scolaires. » Ces demandes sont calquées sur le modèle de la loi Taubira de reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Déjà la loi du 23 février 2005 en était une mauvaise réplique. « Une mauvaise réponse de droite à une loi de gauche », souligne Patrick Garcia. Toutes ces lois s’attachent à reconnaître un fait historique et à lui imposer une place dans les manuels scolaires. Ce sont les « nouvelles lois de mémoire. » Pourquoi se multiplient-elles ? Et pourquoi l’Etat cède-t-il aux revendications d’associations ?

« L’Etat cède aux entrepreneurs de mémoire »

« Les enjeux de mémoire sont devenus de plus en plus importants dans le débat politique français  depuis les années 1970 », explique l’historien Gérard Noiriel. Les hommes politiques cèdent à des « revendications d’entrepreneurs de mémoire. » Dernièrement, aux Harkis et aux Pieds-noirs.
Les différentes associations font pression sur l’Etat, car « conformément à une très longue tradition politique française, le pouvoir centralisé peut seul produire une légitimité incontestable et institutionnaliser les devoirs de mémoire », commente le sociologue Schmuel Trigano.
C’est la mémoire de la Shoah qui sert de modèle à toutes les autres. Elle est vue comme « le paradigme de la mémoire réussie », souligne Barbara Lefèbvre de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. « Chaque groupe veut obtenir autant que ce qu’a obtenu la communauté juive. » Et cela passe par exemple par le nom des associations. L’association des Fils et filles d’africains déportés de France, par exemple, a repris le nom des Fils et filles des déportés juifs de France de Serge et Béate Klarsfeld. Cela passe ensuite par un lobbying intense auprès des parlementaires. Parfois les lois suivent.
La loi Gayssot avait ouvert la brèche dans un contexte particulier. C’était l’époque de la profanation du cimetière de Carpentras. Les écrits négationnistes circulaient librement. L’historienne Madeleine Rébérioux, elle-même ancienne déportée, décédée aujourd’hui, était une des seules personne à affirmer son opposition à une loi à cette époque. Elle craignait qu’une telle loi « n’entraîne quasi inéluctablement son extension un jour à d’autres domaines qu’au génocide des juifs : autres génocides et autres atteintes à ce qui sera baptisé « vérité historique ».  » Elle ne s’était pas trompée.
    Les revendications de mémoire sont le résultat d’un « changement de l’enseignement de l’histoire », selon Patrick Garcia. « Il y a encore quelques années, on enseignait l’histoire comme un roman national. Les élèves avaient leurs héros : Vincingétorix ou Jeanne d’Arc. Aujourd’hui s’en est fini. La mémoire n’est plus organisée autour d’un projet national, mais autour de la souffrance qu’un groupe a endurée », explique-t-il. « Chacun essaye de faire légitimer sa propre souffrance. » « Il y a des lois de mémoire parce qu’il y a des gens qui souffrent », ajoute Arno Klarsfeld. « Les lois de mémoire tomberont sûrement un jour en désuétude, mais pour l’instant il est beaucoup trop tôt », conclut-il.
    Le discours est assez différent dans les associations. Elles dénoncent « un coup d’Etat d’historiens » sur la mémoire, selon les mots de Patrick Karam. Pour Alexis Govciyan, secrétaire national du Comité de défense de la cause arménienne, « les lois mémorielles existent parce qu’ aucun historien ne conteste publiquement les discours négationnistes.  Une forme de silence qui choque les victimes. » Et de donner quelques exemples : « Est-ce qu’on a entendu les historiens répondre à Bernard Lewis (accusé d’avoir nié l’existence du génocide arménien, ndlr) ou à Dieudonné ? »




Par Christophe Dansette - Publié dans : Politique
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Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /2006 16:27

Dieudonné s'est invité au Bourget à la fête Bleu Blanc Rouge du FN au Bourget (Seine-Saint-Denis), provoquant une certaine effervescence. Il s'est ensuite expliqué des raisons de cette visite sur un site Internet.

Pas un mot de condamnation pour les idées de Le Pen. Au contraire. Si la visite de Dieudonné à la fête Bleu Blanc Rouge du Front national fait partie de sa stratégie de rencontrer  « l’ensemble des candidats à la présidentielle », l’ex-comique est revenu de sa visite ravi de la fête des Bleus Blanc Rouge. Certes, il n’appelle pas « à voter Le Pen », mais il ne dit pas non plus « qu’il ne faut pas voter Jean-Marie Le Pen ».

Interrogé par Ahmed Moualek, président de « La banlieue s’exprime » et militant du groupe Les Ogres Utopistes (proches de Dieudonné), il explique, à propos sa journée au Bourget, qu’il a trouvé « ça très chaleureux », se sentant trahi par des années de diabolisation du Front national : « ce qui a été formidable, hier, c’est de voir à quel point on nous a menti ». Il appelle même presque les jeunes de banlieue à se rendre à cette fête : « vous pouvez y aller, les jeunes de banlieue, vous pouvez aller au BBR, vous ne vous ferez pas taper dessus ».

Dieudonné envisage fortement une nouvelle percée du Front national à la présidentiel. Et pour lui,  ce ne serait pas une mauvaise chose. « Un séisme politique », dont la France aurait besoin, selon lui. Il l’affirme : « Le Pen a de grandes chances d’être l’homme de la révolution politique ».

Mais, surtout, Dieudonné semble saisi d’une certaine admiration pour le leader d’extrême droite, lui trouvant même deux points communs : ses origines bretonnes et la stigmatisation dont il est l’objet « depuis trente ans ». Il lui concède que le « FN est en train d’évoluer », séduit par le discours de Valmy. « C’est vrai que je n’ai jamais été tenté par le nationalisme, mais après le discours de Valmy, je me dis qu’en fait c’est simplement mettre en œuvre le projet républicain ». Sans cacher son admiration pour le personnage : « sa résistance et sa longévité sont spectaculaires ».

Alors, si comme en 2002, Le Pen accédait au second tour, il hésiterait : « il est certain que je ne suivrai pas le mot d’ordre de SOS-racisme et de tous ces imposteurs ». 

Si vous avez un peu plus de temps, voici l'intégrale de l'interview de Dieudonné, telle qu'elle a été publié sur le site de "La banlieue s'exprime".


Dieudonné sur sa visite au FN
Vidéo envoyée par cresp
Par Christophe Dansette - Publié dans : Politique
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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 15:38
Les choses semblent se préciser dans le camp de Dieudonné. Alain Soral, l’un des très proches de l’ex-humoriste vient de rejoindre Le Pen.
C’est avec cet écrivain d’extrême gauche que Dieudonné s’était rendu au Liban et en Syrie et avait rencontré notamment rencontré le président du groupe Hezbollah au parlement libanais.
Dans une interview au Point, Alain Soral afffirme que « seul Le Pen peut botter le cul au Medef et aux syndicats qui ont trahi leur mission ». Sur la position de Dieudonné, il explique que « Dieudonné a compris que Le Pen peut incarner le progressisme ». Dans une autre interview, donnée au site Internet Salut public, il déclare que
« la main tendue de Dieudonné à Le Pen est un signe d’espoir, fondamental ».

Ce ralliement n’est pas un hasard. Des premiers signes de rapprochement entre la mouvance Dieudonné et le Front national pouvaient déjà être perçus cet été, lors de la tournée du groupe en Syrie. Ce périple, Dieudonné et Soral le devaient à un certain Frédéric Chatillon qui n’est autre que l’ancien président du groupe d’étudiant d’extrême droit, le GUD. Chatillon, dont l’épouse est une amie personnelle de Dieudonné.  On la retrouve régulièrment au Théâtre de la Main d’or. Dieudonné n’a pas manqué, selon un bloggueur, de faire la bise à son amie. Selon cette même personne, lors de sa visite à la fête Bleu blanc rouge, « Dieudonné était accompagné de son « directeur de campagne », un certain Marc Robert, ancien militant du Front National dans le Val-d’Oise ». Comme quoi, les rapprochements vont dans les deux sens.
Par Christophe Dansette - Publié dans : Politique
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 15:56
« Ségolène Royal », « désir d’avenir », « démocratie », « sécurité »… à chaque fois, ces mots clés, tapés sur un moteur de recherche, renvoient au site Internet de l’UMP à travers les liens commerciaux. Jamais sur des sites proches de Ségolène Royal. Pourquoi la candidate socialiste n’investit-elle pas dans l’achat de mots clés ?

10000 euros par mois d’investissement pour 1000 nouveaux adhérents par jour. C’est le pari de l’UMP dans l’achat de mots clés sur les moteurs de recherche. Le principe : pour toute recherche sur Google d’un mot clé associé, un lien vers le site du parti apparaît. Chaque fois qu’un internaute clic dessus, l’UMP paye. Un investissement qui, si l’on croit ces chiffres donnés par le responsable de la stratégie Internet de l’UMP, Thierry Solère, vaut le coup.
Au sein du Parti socialiste, en revanche, on ne croit pas à l’efficacité de cette stratégie. Et un haut responsable du parti se félicite de rattraper l’UMP en terme de nombre d’adhérents même sans l’achat de mots clés. Il est vrai qu’Internet, de manière générale ne fait pas l’unanimité dans ce camps. La campagne d'adhésion sur Internet lancée fin mars ne fut  pas du goût de tout le monde. Pour ses détracteurs, elle remettait en cause l'esprit militant traditionnel et une certaine forme d'engagement politique au sein d'une section locale. Jean-Luc Mélenchon l'a ainsi qualifié d'« adhésion socialiste en solde » sur son blog. Récemment, Bruno Leroux, député de Seine-Saint-Denis, disait « ne pas connaître le site Désir d’avenir, qui se veut pourtant être le lien officiel entre Ségolène Royal et les citoyens.
De manière encore plus affirmée, les pratiques commerciales sont très mal vues du côté de la gauche. Et dans l’entourage de Ségolène Royal, on ne s’en cache pas. « Nous, on ne joue pas dans ce ressort-là », confie l’une de ses proches. Dans la même lignée,Yves Cochet, député vert et observateur de la campagne, voit Ségolène comme une « vierge » qui y perdrait beaucoup à participer à la guerre des clics. « Elle se situe au-dessus : c’est la lumière alors que les autres, c’est la face obscure », explique-t-il. Or, « les pratiques commerciales se situent dans le monde d’ici-bas dont elle ne fait pas parti ».
Peut-être. Mais, 10000 euros par mois, c’est un investissement conséquent. Bruno Leroux avance une explication tout aussi plausible dans une phrase qui lui échappe. « Ils ont plus d’argent que nous », chuchote-t-il en parlant de ses adversaires. Il se rattrape aussitôt en affirmant : « Ségolène n’a pas besoin de faire ça. Elle n’a pas de problème de couverture aujourd’hui. »
Des analyses qui font rire Thierry Solère pour qui « le parti socialiste est tout simplement encore vieillot. »  De toute manière, la guerrre des clics devra s’arrêter à la fin de l’année. Le Forum du droit sur Internet (FDI) et la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) demandent aux partis de ne plus recourir à la publicité à partir du 1er janvier 2007 et pendant toute la durée de la campagne électorale. Les liens sponsorisés étant assimilés à de la publicité, la question sera tranchée par les règles de droit.
Par Christophe Dansette - Publié dans : Politique
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