Mardi 9 mai 2006
Ils étaient 300. 300 étudiants rassemblés à Multan, au Pakistan pour brûler des drapeaux allemands et crier : « Amer Cheema est un martyr de l’Islam ». Quelques drapeaux américains et danois avaient eux aussi le droit d’être détruits samedi dernier, pendant la manifestation. C’est la dernière des violences dues aux caricatures du prophète Mahomet, publiées dans le journal danois Jyllands-Posten et reproduites dans le journal allemand Die Welt.
Amer Cheema, un étudiant pakistanais avait été arrêté le 20 mars dernier à Berlin. Il avait tenté d’assassiner le rédacteur en chef du journal Die Welt qui, en publiant les caricatures, avait déclaré que cette publication était un devoir journalistique. Il s’était introduit armé d’un couteau dans le bâtiment du journal, propriété d’Axel Springer. La police avait réussi à l’interpeller avant qu’il ne commette son crime.  Lors des interrogatoires, il avait expliqué à la police qu’il avait voulu tuer  le rédacteur en chef de Die Welt en raison de la publication dans le journal des caricatures. Il aurait raconté aux policiers avoir traversé toute l’Allemagne, depuis la ville de Mönchengladbach pour « faire son devoir », selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Depuis, il attendait son procès en prison. Il risquait une peine de six mois à cinq ans.
Le jeune homme de 28 ans a été retrouvé mort mercredi. Pendu dans sa cellule. Les premiers éléments de l’enquête concluaient au suicide.
Cependant, dès jeudi 4 mai, son père affirmait sur une chaîne de télévision en continu que son fils avait été torturé par la police allemande sans aucune preuve à l’appui. Il accusait directement les autorités allemandes d’être responsables de la mort de son fils. Les autorités allemandes se sont empressées de démentir. En vain. Son interview qui passe sans cesse sur les écrans au Pakistan a jeté de l’huile sur le feu. À tel point que certains députés pakistanais ont demandé des explications à l’Allemagne. La télévision pakistanaise s’en est largement fait l’écho.
Lundi, un collectif d’avocats a envoyé une note aux Nations unies pour protester. L’un d’entre eux demandait au gouvernement du Pakistan de se saisir de l’affaire. Les manifestations de samedi faisaient toutefois craindre une nouvelle vague gigantesque de protestation contre les pays occidentaux. La justice allemande qui préférait calmer le jeu a décidé de reporter à demain l’autopsie du corps d’Amer Cheema afin de permettre à deux experts pakistanais d’être présents. Histoire de jouer la transparence. Et de ne pas retomber dans une vague de violence. Cela suffira-t-il ?
Par Christophe Dansette - Publié dans : Presse
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Vendredi 17 février 2006
Plusieurs informations étonnantes dans la compréhension de l’embrasement qui a fait plusieurs morts encore cette semaine au Pakistan (deux mardi, et trois mercredi).

Premièrement : On reste toujours dubitatif quant à la raison pour laquelle la crise n’a éclaté qu’au mois de janvier. Une des raisons avancées était la publication des douze caricatures dans le magazine catholique norvégien Magazinet, le 10 janvier 2006. Mais cela ne semble pas si crédible, puisque les caricatures ont été publiées dans un quotidien égyptien dès le 17 d’octobre 2005, sans pour autant susciter trop de réactions hostiles. C’est un bloggueur égyptien qui apporte cette information capitale.

Deuxièmement : un collectif d'associations musulmanes, mené par l’imam radical danois  et d’origine palestinienne Ahmad Abu Ladan, a contribué à ébruiter l’affaire au delà des frontières danoises. Dans un premier temps, le collectif, très controversé au sein même de la communauté musulmane du pays, avait porté plainte contre le Jyllands-Posten (qui publie d'ailleurs une série d'articles sur les origines de l'affaire en français), sans obtenir gain de cause devant la justice danoise. Après cette défaite judiciaire, muni d’un rapport de 43 pages sur les caricatures, le collectif s’est rendu en Egypte et au Liban pour faire connaître la situation et essayer de rallier à sa cause des pays musulmans (novemre-décembre). Le journal danois Ekstra Bladed a pu se procurer une version du rapport. Les caricatures y étaient reproduites. Non pas 12, mais 15. Donc 3 en plus qui n’avaient jamais été publiées. Ni au Danemark, ni ailleurs.

C’est trois caricatures ajoutées ont un point commun. Elles sont beaucoup plus offensantes que les 12 autres. A ce sujet, le rédacteur en chef du Jyllands-Posten, Carsten Juste, a voulu mettre les choses au clair en affirmant que jamais ces trois dessins n'avaint été publiées : "Il circule depuis dans le monde musulman des dessins insultants qui n'ont jamais été publiés dans le quotidien Jyllands-Posten, et que nous n'aurions jamais reproduits s'ils nous avaient été proposés", a-t-il déclaré sur le site Internet du JP.

La première caricature ajoutée représente un Mahomet pédophile. Sans commentaire.

Sur la seconde, un religieux se fait violer par un chien.

Sur la troisième, c’est un Mahomet déguisé en porc que l’on peut apercevoir.



Oui, mais seulement, on ne sait pas comment ces trois illustrations sont arrivées dans ce rapport. Le porte parole du collectif, Ahmad Akkari prétend qu’elles lui ont été adressées anonymement et qu’elles avaient été ajoutées dans le rapport dans le but de « montrer à quel point la société danoise était hostile aux musulmans ».

                                                                                                                     Bob Edme/ AP

Sans pour autant vérifier ce que ces images représentaient réellement. Car dans le cas de la troisième, il s’agit d’une erreur grossière. Ce que l’imam avait pris pour une tête de Mahomet, n’était en réalité que la photo du gagnant d’un concours français de « cri de cochon », publiée dans une dépêche de l’agence de presse Associated Press.
Par Christophe Dansette - Publié dans : Presse
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Vendredi 20 janvier 2006
Vous avez dit que les journaux étaient en crise ? Le quotidien Metro a trouvé un remède. Changer de rédac’chef, le temps d’une journée. Et ils ont déniché une perle. L’homme qui révolutionnera le journalisme. Doc Gynéco.
Sa pertinence d’analyse saute aux yeux. Il « faut mettre plus d’amour » dans les journaux, clame-t-il. Cela sauvera la presse.

Amour dans les conflits. Sa réflexion sur le conflit au Proche-Orient est tellement belle qu'elle se passe de commentaire : « Israël, je m’y intéresse depuis tout jeune. J’aime beaucoup l’idée de ce nouveau pays, c’est beau. Malheureusement, il est mal situé. »

Amour aussi du football. Il admire chez les joueurs « l’idée de faire de sa vie quelque chose de physique. » Peut-être les envie-t-il ? Il faut dire que le Doc n’est pas spécialement connu pour son activité. Il est plutôt du genre à fumer des joints et à se reposer. Il paraît qu’il aurait arrêté : la bonne blague.

En tant que rédac’chef, commentateur d’actualité, on ne lui a pas non plus demandé de faire trop d’efforts physiques. C’est un rôle qu’il a su assumer, bien enfoncé dans le confortable fauteuil du patron. Les pieds posés sur le bureau.
Par Christophe Dansette - Publié dans : Presse
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Dimanche 8 janvier 2006

La bonne nouvelle tombe ce matin. Bernard Planche est libre!

Ce qui saute aux yeux dans cette affaire, c'est que ce sont les bloggueurs qui ont été les premiers à organiser une mobilisation qui ne voulait pas prendre. Je parlais hier d'Alain Hertoghe. Les médias, comme le Nouvel Observateur ou surtout le journal Metro ont finalement relayé l'appel de la blogosphère. La deuxième chose que l'on peut remarquer, c'est l'incroyable coup de chance pour cet homme (dans le malheur). Car il semblerait, selon le communiqué du ministre des Affaires étrangères, que Bernard Planche ait été libéré lors d'un contrôle par les forces de la coalition. Les preneurs d'otages, déjà lâches, ont pris peur. C'est là le courage d'une force de résistance, comme certains aiment à appeler de vulgaires criminels. Ils ont fui.

Entre temps, l'identité de la journaliste américaine enlevée hier n'a toujours pas été révélée. Plus de 1000 civils ont subi un sort semblable en Irak depuis 2003, dont 200 étrangers, selon l'agence AP. Heureusement, la plupart finissent pas être relâchés. Mais une cinquantaine au moins ont été exécutés. Sauvagement. Le problème pour cette dernière victime, c'est qu'elle est Américaine. Et malheureusement, c'est une circonstance agravante. Car, en Irak, il vaut mieux être Français qu'Américain lorsqu'on rencontre un groupe de terroristes. On peut donc craindre pour sa vie. Espérons que cette crainte se révèle fausse. Et rapidement.

Par Christophe Dansette - Publié dans : Presse
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Samedi 7 janvier 2006
Après mon billet d'hier sur la différence de mobilisation pour le sort de nos trois journalistes tenus en otage l'année dernière et celui réservé à Bernard Planche, je me suis rendu par hasard sur le site d'Alain Hertoghue, Carte de presse. Il a lancé un appel pour la libération de celui qui travaillait pour une petite ONG. Il demandait à toute la blogosphère de se mobiliser et de relier cet appel. Ce sera chose faite ici.
Vous aussi, reprenez le afin que la mobilisation prenne forme. De premiers résultats ont d'ailleurs déjà été acquis. Et n'oublions pas non plus de nous mobiliser pour la journaliste américaine qui a été prise en otage aujourd'hui. On ne semble toujours pas connaître son nom. Elle est le 31ème professionnel des médias enlevé en Irak depuis le début de la guerre, selon Reporters sans frontières. Son traducteur à quant à lui été tué.

Liberté pour Bernard !

Nous, citoyens et internautes, appelons à la libération immédiate de Bernard Planche, détenu injustement en Irak depuis le 5 décembre 2005.

Nous exprimons à sa famille et à ses amis notre sincère sympathie dans cette épreuve.

Nous prions chacun (autorités publiques et religieuses, hommes politiques, établissements scolaires, médias, artistes, etc.) de condamner l'enlèvement de Bernard Planche, d'appeler à sa libération et de prendre des initiatives concrètes de solidarité avec lui et avec sa famille.

Nous demandons tout particulièrement à Bertrand Delanoë, maire de Paris, d'afficher au plus vite un portrait géant de Bernard Planche sur la façade de l'Hôtel de ville, comme cela avait été fait pour les journalistes Christian Chesnot, Georges Malbrunot et Florence Aubenas.

Nous encourageons tous les citoyens et tous les internautes à relayer, grâce à Internet, cette appel dans le monde entier et dans toutes les langues, ainsi qu'à multiplier les démarches publiques solidaires.

Quant à ceux qui détiennent Bernard Planche, et qui liront tôt ou tard cet appel en langue arabe, nous en appelons à leur humanité pour qu'ils rendent à sa famille l'être humain qu'ils privent injustement de sa liberté.
Par Christophe Dansette - Publié dans : Presse
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